Chauffe-eau qui fuit : trouver d'où vient l'eau avant de changer le ballon
Coupez le courant au disjoncteur, fermez l'eau au groupe de sécurité, puis cherchez d'où part l'eau. Un raccord, le joint de la bride ou le groupe lui-même se réparent. Si l'eau suinte de l'habillage, avec des coulures de rouille, la cuve est percée et le ballon se change, sous garantie ou non selon sa pose.

- Difficulté
- Intermédiaire
- Durée
- 10 min à 2 h
- Coût
- 0 à 80 €, hors ballon neuf
Sommaire (10 parties)
- Où l'eau apparaît, et ce qu'elle annonce
- Trouver le point de départ de la fuite
- Aux raccords d'eau froide et d'eau chaude
- Sous le capot, la bride et la résistance
- Un chauffe-eau qui fuit par la cuve ne se répare pas
- Sur un thermodynamique, les condensats d'abord
- La garantie de la cuve, et ce qui la fait tomber
- Les dégâts, l'assurance et la facture d'eau
- Avant de poser le ballon suivant
- Questions fréquentes
Où l'eau apparaît, et ce qu'elle annonce
Une flaque sous le ballon d'eau chaude ne dit pas d'où vient l'eau. Elle descend le long des tuyaux et de l'enveloppe avant de tomber, si bien que l'endroit où elle goutte est rarement celui où elle s'échappe. Regardez plutôt la trace mouillée la plus haute.
Sur un ballon mural vertical, le modèle le plus courant, presque tout se trouve en bas. Les deux tuyaux d'arrivée et de départ, le groupe de sécurité et le capot qui protège la partie électrique y sont réunis, à quelques centimètres les uns des autres. Une fuite « par le bas » peut donc venir de chacun d'eux. Une fuite « par le haut » est plus rare, puisqu'un ballon mural n'a rien à cet endroit. L'eau vient alors d'un tuyau qui passe au-dessus, ou de la condensation, sauf sur un thermodynamique, dont la pompe à chaleur occupe le haut.
La plupart des fuites d'un chauffe-eau se réparent, rappelle Atlantic, et toutes ses pièces se remplacent, à une exception près. Voici les cas, du plus bénin au seul qui condamne l'appareil.
| Où est l'eau | Cause probable | Que faire |
|---|---|---|
| Dans l'entonnoir du groupe de sécurité, pendant la chauffe | La dilatation de l'eau qui chauffe | Rien, c'est normal (voir le groupe de sécurité qui goutte) |
| Dans l'entonnoir, hors chauffe ou en filet toute la nuit | La soupape, ou une pression d'eau trop forte | La même page, qui traite ces deux cas |
| Traces de rouille en bas d'un ballon posé au sol, enveloppe sèche au-dessus | Des projections du groupe de sécurité | Orienter la garde d'air |
| Autour d'un des deux tuyaux, avec de l'oxydation sur le filetage | Un raccord mal étanche, ou sans raccord diélectrique | Refaire le raccord |
| Sous le capot, sur les écrous de la bride ou dans le logement du thermostat | Le joint de bride, la résistance ou son fourreau | Courant coupé, voir la bride |
| Le long de l'habillage, avec des coulures de rouille | La cuve, percée | Remplacer le ballon |
| Sur le capot d'un thermodynamique, ou entre sa pompe à chaleur et la cuve | Les condensats, mal évacués | Le test en mode secours |
| Au sol ou en gouttelettes sur l'enveloppe, dans un local humide | De la condensation | Aérer le local |
Ce diagnostic vaut pour les cumulus électriques et les thermodynamiques. Un chauffe-eau au gaz qui fuit relève d'un professionnel, et une chaudière qui perd de l'eau se repère à sa pression, comme l'explique notre page sur la pression de chaudière qui baisse.
Trouver le point de départ de la fuite
Le courant coupé a un avantage. Le ballon ne chauffe plus, donc son eau ne se dilate plus, et le groupe de sécurité n'a plus de raison de couler. Toute eau qui apparaît alors vient d'une fuite. Pour la suivre, rouvrez l'arrivée d'eau le temps de l'observation, courant toujours coupé. Un filet continu ne laisse pas ce loisir : gardez l'eau fermée et passez directement à la vidange.
- Séchez tout au chiffon, le bas du ballon, les tuyaux, le groupe de sécurité et le sol.
- Glissez une feuille d'essuie-tout sous chaque raccord, sous le groupe et sous le capot, sans l'ouvrir. La feuille qui se mouille la première désigne la zone.
- Suivez la trace vers le haut, à la lampe. Une goutte sous un raccord peut venir d'un tuyau plus haut, ou d'une soudure du réseau d'eau chaude.
Rien n'apparaît ballon froid ? Refaites l'essai pendant une chauffe, courant remis et en restant à côté, à condition que l'eau ne touche pas le capot. La pression du ballon monte alors vers 7 bar, et certaines fuites, comme celle d'un joint de bride mal posé, ne se montrent qu'à ce moment. L'eau qui tombe dans l'entonnoir du groupe de sécurité est alors normale, c'est le reste qu'il faut surveiller.
Le ballon sec et le sol mouillé, pensez à la condensation. Dans une cave ou un garage humide, l'humidité de l'air se dépose en gouttes sur les surfaces froides, le tuyau d'eau froide en premier, comme sur une carafe sortie du réfrigérateur. Aérer le local suffit. Les notices d'Atlantic et de Thermor le demandent de toute façon, pour éviter la condensation sur l'enveloppe du ballon et la corrosion de sa peinture.
Si rien n'est mouillé mais que la facture grimpe, regardez l'entonnoir du groupe de sécurité. Un groupe qui coule sans arrêt vers l'égout ne laisse aucune trace, et selon le Médiateur de l'eau, la rupture d'un groupe de sécurité peut faire perdre plusieurs centaines de mètres cubes par an. Le relevé du compteur, le soir puis le matin, est décrit dans notre page sur le groupe de sécurité qui goutte.
Aux raccords d'eau froide et d'eau chaude
Le ballon a deux piquages, les tubes filetés par lesquels l'eau entre et sort. Ils se distinguent par leur collerette. La bleue, sur l'arrivée d'eau froide, reçoit le groupe de sécurité ; la rouge, sur la sortie d'eau chaude, un raccord diélectrique. Une fuite à cet endroit mouille le filetage, y dépose parfois de l'oxydation, et laisse des coulures sur l'habillage.
Commencez par resserrer le raccord, comme le prévoit la notice des Chaufféo d'Atlantic. Si la fuite persiste, il faut vidanger le ballon et refaire le raccordement, un travail de plombier. Raccord dévissé, piquage à nu, on regarde le filetage. S'il n'est ni rongé ni oxydé, on le nettoie et on remonte un raccord propre avec un joint neuf. Si la fuite revient à la remise en eau, c'est le piquage lui-même qui ne tient plus. Il fait partie de la cuve, et Thermor le range avec elle parmi les seules pièces d'un chauffe-eau électrique qui ne se remplacent pas.
Au remontage, Thermor conseille de limiter la filasse et le Téflon. En trop grande quantité, ils empêchent le joint de se plaquer contre le piquage, et la fuite revient.
Le raccord diélectrique, côté eau chaude
Le piquage est en acier, comme la cuve, et les tuyaux d'eau chaude sont souvent en cuivre. Vissés l'un sur l'autre, ces deux métaux forment une pile électrique, et c'est l'acier du piquage qui se fait ronger. Le raccord diélectrique, en plastique ou bicolore, les tient séparés. Atlantic le livre avec ses Chaufféo, Thermor avec ses ballons, et la notice de l'Aéromax 5 l'impose « impérativement » sur la sortie d'eau chaude. Ariston, sur son Nuos Plus, en demande un sur les deux tuyaux.
Regardez donc ce qui est vissé sur la collerette rouge. Un raccord en laiton ou un tuyau de cuivre directement sur le piquage suffit à expliquer une fuite à cet endroit, et Thermor ne veut aucun accessoire en laiton ou en cuivre entre le piquage et le raccord diélectrique. C'est aussi un motif de refus de garantie chez Atlantic, Thermor et Ariston. Un raccord neuf en 20x27, la taille courante, coûte de 8 à 16 € au 21 octobre 2026.
Sur l'arrivée d'eau froide, le groupe de sécurité tient ce rôle. Une fuite sur son corps ou ses écrous relève d'un simple raccord, et ses autres pannes de notre page sur le groupe de sécurité.
Sous le capot, la bride et la résistance
Le capot protège le thermostat et le raccordement électrique. Derrière lui, la bride, une plaque boulonnée qui ferme une ouverture de la cuve, porte la résistance, et un joint, le joint de bride ou joint de cuve, rend l'ensemble étanche. De l'eau à cet endroit touche donc à l'électricité. Courant coupé, laissez le démontage à un professionnel si vous n'en avez pas l'habitude, et faites changer le thermostat s'il a été mouillé, comme le conseille Thermor.
| Ce que vous voyez | Ce qui fuit | La réparation, d'après Thermor |
|---|---|---|
| De l'eau dès le remplissage, ou à la première chauffe après un détartrage | Le joint de bride, mal posé ou défectueux | Un joint neuf, bien positionné |
| Des coulures sous la bride, après des mois sans souci | Le joint de bride, usé | Un joint neuf si la portée du joint est propre ; le ballon si la bride est oxydée, déformée, ou si la fuite revient |
| De l'eau dans le doigt de gant, le tube où entre la sonde du thermostat, sur une résistance blindée | La résistance blindée, qui trempe dans l'eau | Résistance, joint et anode neufs |
| De l'humidité dans le fourreau d'une résistance stéatite, ou un suintement à la base du corps de chauffe | Le corps de chauffe, qui porte ce fourreau | Corps de chauffe et joint neufs |
Toutes ces réparations demandent de vider le ballon d'abord. Notre page vidanger et détartrer un chauffe-eau décrit la vidange, la pose du joint de bride et son serrage. Réparer une résistance blindée n'est « ni faisable, ni conseillé » pour Thermor, qui conseille aussi de changer un corps de chauffe plutôt que de tenter de le réparer. Commandez les pièces par la référence de votre ballon, relevée sur sa plaque signalétique : Atlantic garde ses pièces détachées disponibles pendant 10 ans. Un joint de bride coûte de 11 à 23 € au 21 octobre 2026, selon son diamètre.
Un fourreau humide a souvent un autre symptôme, le disjoncteur ou le différentiel qui saute à la mise en chauffe, détaillé dans notre page chauffe-eau qui ne chauffe plus. Pour les causes, Thermor cite une eau agressive (puits, forage), un adoucisseur réglé sous 8 °f et le manque d'entretien. Si l'eau ne change pas, la pièce neuve fuira de nouveau.
Un chauffe-eau qui fuit par la cuve ne se répare pas
La cuve est en acier, protégé de l'eau par une couche d'émail. Quand l'émail cède, l'eau attaque l'acier jusqu'à le percer. Elle s'échappe alors par le manteau, l'enveloppe extérieure du ballon, avec des coulures de rouille le long de l'habillage. Thermor tient alors la cuve pour « certainement percée ». Une eau chaude trouble ou rougeâtre au robinet signale aussi une corrosion avancée, ou une anode usée.
Aucune réparation n'est possible. La cuve est noyée dans l'isolant qui la sépare du manteau, si bien qu'on ne l'atteint même pas, et la rouille progresse de l'intérieur. Fermez l'eau, videz le ballon par la purge du groupe de sécurité, vers l'égout, plutôt que de le laisser se vider par la fuite, et préparez son remplacement. Si la fuite a fait des dégâts, attendez avant de le jeter : l'assureur peut vouloir le voir (voir plus bas).
La rouille en bas d'un ballon posé au sol
Toutes les traces de rouille ne viennent pas de la cuve. Sur un ballon vertical posé au sol, des traces en partie basse viennent souvent du groupe de sécurité, qui éclabousse l'enveloppe quand il rejette l'eau pendant la chauffe. Atlantic précise qu'elles ne signalent pas une fuite du ballon et n'abrègent pas sa vie. Elles abîment seulement son aspect, et la garantie ne les couvre pas. Orientez les parois de la garde d'air, l'entonnoir fendu sous le groupe, pour que l'eau n'atteigne plus l'appareil.
Pour départager les deux, essuyez l'enveloppe et observez. Les projections n'apparaissent que pendant la chauffe, quand le groupe coule. Une cuve percée suinte aussi courant coupé.
Sur un thermodynamique, les condensats d'abord
Un chauffe-eau thermodynamique chauffe l'eau avec une pompe à chaleur, placée au-dessus de la cuve sur les modèles monoblocs. En refroidissant l'air qu'elle aspire, elle en tire de l'eau, les condensats, recueillis dans un bac puis évacués par un tuyau transparent vers l'égout. Si ce bac ou ce tuyau se bouche, l'eau déborde, avec des coulures entre l'habillage de la cuve et celui de la pompe à chaleur, ou de l'eau sur le capot.
Le test est le même chez les deux fabricants. Passez l'appareil en mode secours, qui chauffe à la seule résistance, pompe à chaleur arrêtée, pendant 24 heures au moins selon Thermor, 48 heures selon la page d'Atlantic consacrée aux condensats. Si l'écoulement cesse, l'évacuation est bouchée. Son nettoyage, avec celui de l'échangeur, revient à l'installateur. Thermor demande cet entretien une fois par an, et exclut de sa garantie l'évaporateur et l'évacuation des condensats non nettoyés.
Sur un appareil posé depuis peu, Atlantic fait d'abord vérifier qu'il est bien de niveau et qu'il ne touche pas le mur. Le siphon compte aussi. Celui de l'Aéromax 5 de Thermor est intégré, et sa notice interdit d'en ajouter un second en aval, sous peine de faire déborder les condensats. D'autres modèles en demandent un, d'où l'intérêt de relire la notice du vôtre.
Pour une fuite d'eau chaude, raccord, bride ou cuve, un thermodynamique se diagnostique comme un ballon électrique, avec les mêmes conclusions.
La garantie de la cuve, et ce qui la fait tomber
Un ballon percé dans ses premières années peut être pris en garantie. La cuve d'un chauffe-eau électrique est en général garantie 5 ans, chez Atlantic pour ses Chaufféo de 50 à 500 litres, chez Thermor ou chez Ariston pour ses Sagéo et Velis. Les pièces amovibles le sont moins longtemps, souvent 2 ans.
- Ce qu'elle couvre. La pièce, ou l'appareil, mais pas la pose. La notice des Chaufféo exclut les frais de main-d'œuvre et de transport. Ariston prend en charge le déplacement et la main-d'œuvre les deux premières années, par l'un de ses réparateurs agréés.
- D'où elle part. De la date de pose, la facture d'installation ou d'achat faisant foi. Sans facture, Atlantic et Thermor retiennent la date de fabrication inscrite sur la plaque signalétique, plus six mois.
- À qui la demander. Pas au fabricant directement, mais à l'installateur ou au dernier vendeur, explique Atlantic. Si le ballon ne se répare pas, il part en expertise à l'usine, et le remplacement provisoire est à la charge de l'installateur ou du revendeur. Ariston exige le numéro de série et la preuve d'achat.
Reste à savoir si la pose était conforme, car c'est là que se jouent la plupart des refus.
| Motif de refus | Atlantic et Thermor | Ariston (Sagéo, Velis) |
|---|---|---|
| Groupe de sécurité | Absent, pas neuf à la pose, non conforme à la norme EN 1487, ou jamais entretenu | Absent |
| Vanne ou réducteur entre le groupe et le ballon | Exclu | Non précisé |
| Piquages corrodés sans raccord diélectrique | Exclu | Exclu |
| Pression d'eau | Réducteur exigé par les notices au-delà de 5 bar | Exclu au-delà de 4,5 bar |
| Eau adoucie | Exclu sous 8 °f | Exclu sous 12 °f |
| Anode en magnésium | Non entretenue | Non remplacée tous les 3 ans |
| Emplacement | Local qui gèle, humide ou mal ventilé | Local soumis au gel ou aux intempéries |
Un ballon acheté neuf chez un professionnel profite aussi de la garantie légale de conformité, deux ans auprès du vendeur, quelle que soit la garantie du fabricant. Un défaut apparu pendant ce délai est présumé exister dès la livraison.
Les dégâts, l'assurance et la facture d'eau
La garantie dégâts des eaux de votre assurance habitation couvre ce que la fuite a abîmé, sols, murs, mobilier, et l'appartement du dessous. Pas le chauffe-eau lui-même. Elle « n'a pas pour objet de couvrir l'entretien ou le bris des appareils », rappelle France Assureurs, si bien que leur réparation reste en général à votre charge.
Photographiez les dégâts et déclarez le sinistre dans le délai du contrat, qui ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés. Atlantic ajoute qu'en général, l'appareil doit rester sur place jusqu'au passage de l'expert. En immeuble, prévenez aussi le voisin du dessous, et le propriétaire ou le syndic.
Pour la facture d'eau, n'attendez pas de geste. La loi plafonne la facture après une fuite sur une canalisation, pas sur un appareil, et le Médiateur de l'eau cite le chauffe-eau parmi les cas exclus : « un écoulement sur un lave-linge, un radiateur, un chauffe-eau, un adoucisseur ou une douche ne permettra pas l'application d'un écrêtement ». Ce plafonnement et ses conditions sont détaillés dans notre page sur la canalisation gelée.
Avant de poser le ballon suivant
Un ballon neuf posé dans les mêmes conditions risque de fuir pour les mêmes raisons. Avant de le commander, cherchez ce qui a percé l'ancien. Les fabricants citent la surpression, l'eau trop douce, l'anode en magnésium dissoute, qui ne protège plus la cuve, et le manque d'entretien.
| Ce qui use une cuve | Ce qui se corrige à la pose |
|---|---|
| Une pression d'arrivée trop forte, qui fissure l'émail | Mesurer la pression, poser un réducteur de pression après le compteur au-delà du seuil du ballon |
| Un groupe de sécurité grippé, qui ne libère plus la surpression | Un groupe neuf avec le ballon, manœuvré une fois par mois |
| Une eau trop douce, d'un adoucisseur réglé trop bas, d'un puits ou d'un forage | Régler l'adoucisseur à 8 °f au moins, 12 °f pour un Ariston |
| Une anode en magnésium dissoute | La contrôler tous les 2 à 3 ans, la remplacer sous 10 mm de diamètre |
| Un piquage d'eau chaude vissé sur du cuivre ou du laiton | Un raccord diélectrique sur la sortie d'eau chaude |
Les seuils de pression propres à chaque marque sont réunis dans notre page sur le groupe de sécurité. Un ballon à protection par courant imposé, dite ACI, n'a pas d'anode à surveiller : notre guide stéatite ou blindée explique ce qui le distingue.
L'emplacement compte aussi. Un ballon logé dans des combles, un placard fermé ou au-dessus d'un faux plafond peut fuir longtemps sans qu'on le voie, et la notice des Chaufféo exclut de la garantie les dégâts dus à un emplacement difficile d'accès, qu'une réparation immédiate aurait évités. Un détecteur de fuite à piles, posé au sol sous le ballon, sonne dès les premières gouttes.
Sur un ballon de plus de dix ans, même une fuite réparable pose la question du remplacement. Atlantic juge qu'un chauffe-eau de cet âge est plus susceptible de fuir et suggère de le changer à titre préventif ; les signes d'un ballon en fin de vie sont réunis dans notre page chauffe-eau qui ne chauffe plus. Pour le remplaçant, notre comparatif des chauffe-eau électriques retient un modèle par taille de foyer, et notre page chauffe-eau et cumulus dit quand un thermodynamique vaut mieux.
Questions fréquentes
Peut-on colmater ou souder une cuve de chauffe-eau percée ?
Non. La cuve est prise dans l'isolant, sous l'enveloppe du ballon, et on ne l'atteint pas sans tout démonter. Surtout, la corrosion qui l'a percée part de l'intérieur : un mastic posé sur le trou ne l'arrête pas, et il devrait tenir sous plusieurs bars de pression, dans une eau à 60 °C. Thermor écrit qu'on n'a alors « d'autre choix que de la changer », et Atlantic réserve le remplacement complet du chauffe-eau à ce seul cas.
Mon chauffe-eau neuf fuit déjà : à qui m'adresser ?
À celui qui l'a posé. Une fuite qui apparaît dès le remplissage ou à la première chauffe vient le plus souvent de la pose, un joint de bride mal positionné ou un raccord mal serré, selon Thermor, et la notice des Chaufféo d'Atlantic prévoit justement de resserrer les raccords à la mise en eau, puis de les refaire si la fuite persiste. L'installateur répond de son travail, et le vendeur doit la garantie légale de conformité pendant deux ans, installation comprise quand il l'a faite ou qu'elle était à sa charge. Un groupe de sécurité neuf qui coule dès la pose est un autre cas, souvent un débris des travaux coincé sur sa soupape, traité dans notre page sur le groupe de sécurité.
Peut-on continuer à se servir d'un chauffe-eau qui fuit ?
Pas avant d'avoir trouvé la fuite. Thermor conseille de couper le courant et l'eau dès qu'elle apparaît, quelle qu'en soit l'origine. Seul le groupe de sécurité qui goutte dans son entonnoir pendant la chauffe peut rester tel quel, puisque c'est son rôle. Un raccord qui perle se refait vite, car une fuite qui dure ronge le filetage, et Atlantic exclut de sa garantie la corrosion due à une tuyauterie mal étanche. De l'eau sous le capot touche la partie électrique, et une cuve percée ne s'arrangera pas. Le ballon reste alors coupé jusqu'à la réparation ou au remplacement.
Locataire ou propriétaire : qui paie la réparation ?
Le décret du 26 août 1987 range parmi les réparations locatives le remplacement des joints et des colliers des canalisations d'eau, si bien qu'un joint de raccord qui fuit revient plutôt au locataire. Une cuve percée par l'usure relève en revanche de la vétusté, que la loi du 6 juillet 1989 laisse au propriétaire, comme un ballon en fin de vie. Thermor range d'ailleurs une fuite ou un ballon à remplacer parmi les dépenses du bailleur. Le joint de bride n'est pas cité par le décret, et le changer oblige à vider le ballon et à déposer la résistance : voyez-le avec le propriétaire avant d'intervenir. Prévenez-le par écrit sans attendre, et continuez de payer le loyer même s'il tarde à réparer, car on ne peut pas se faire justice soi-même, rappelle service-public.fr.
Sources
- Thermor, comment résoudre un problème de fuite d'eau sur un chauffe-eau électrique (décembre 2025)
- Thermor, quelle est la durée de vie d'un chauffe-eau électrique ? (février 2026)
- Thermor, entretien du chauffe-eau : obligations du locataire (janvier 2026)
- Thermor, Aéromax 5, notice d'installation et d'utilisation
- Atlantic, « Mon chauffe-eau fuit, que faire ? » (février 2025)
- Atlantic, de l'eau déborde au niveau de l'évacuation des condensats d'un chauffe-eau thermodynamique (septembre 2026)
- Atlantic, démarches pour un chauffe-eau électrique sous garantie qui fuit (février 2025)
- Atlantic, notice Chaufféo et Chaufféo Plus (U0721612-A, novembre 2021)
- Ariston, Sagéo, fiche de garantie 2023
- Médiateur de l'eau, guide des recommandations (écrêtement, groupe de sécurité de chauffe-eau)
- France Assureurs, assurance habitation : le règlement d'un dégât des eaux
- Légifrance, décret n° 87-712 du 26 août 1987, annexe (réparations locatives)
- Légifrance, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 7
Historique des mises à jour
- : première publication



